Wolfgang Tillmans, Lutz, Alex, Suzanne & Christoph on beach (b/w), 1993 

wolfgang tillmans a photographié ses amis quand ils étaient les plus vulnérables

La nouvelle exposition du photographe allemand, « Fragile », est aussi une référence à son récent court-métrage, dans lequel on retrouvait Hari Nef.

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02 février 2018, 2:11pm

Wolfgang Tillmans, Lutz, Alex, Suzanne & Christoph on beach (b/w), 1993 

Wolfgang Tillmans, le photographe légendaire des contre-cultures, est de retour, et pas avec un nouveau projet musical, cette fois-ci. Récemment, il ouvrait une exposition au Musée d’Art Contemporain et Multimédias de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Intitulée Wolfgang Tillmans : Fragile, l’expo contient plus de 200 œuvres datées de 1986 à 2017 et tente de montrer que la fragilité est une force, pas une faiblesse. Fragile, c’est aussi une référence au titre d’un court-métrage tournée par Tillmans en 2016. Un film qui met notamment en scène une Hari Nef dansant devant un fond monochrome sur une bande-son composée par Tillmans himself.

Wolfgang Tillmans, Dan, 2008

Si l’exposition se tient dans un pays dont les tensions politiques ne cessent de croître, elle prend le parti d’explorer des thèmes conflictuels sous le spectre des relations intimes et personnelles. Parmi les nombreuses photographies, qui mettent toutes en avant la technologie analogue, on retrouve une vieille image de 1989, Love (hands in hair), d’une femme aux yeux fermés, le visage encadré par deux mains anonymes. Parmi les pièces plus récentes : un autoportrait de l’artiste en tenue sportswear de 2005 et des photos intimistes de son entourage, dont une d’un ami se retirant une écharde du pied en 2004.

Wolfgang Tillmans, Love (hands in hair), 1989

Également exposées : des images étranges de voitures, de pudding gélatineux et une photo de 2008 d’un homme appelé Dan, à la silhouette tout droit sortie de la Renaissance. Les clichés les plus impressionnant sont sûrement ceux au teint sépia, sortis du milieu des années 1990, où Tillmans se perd sur une plage avec des amis qui se réunissent en cercle sur le sable. Il transparaît de l’exposition le paysage en constante évolution du photographe globe-trotter – des cascades aux océans en passant par un cerf égaré dans le désert.

Wolfgang Tillmans, Anders pulling splinter from his foot, 2004

Et les photos elles aussi vont voyager, pour d’abord aller à Nairobi, en avril, puis à Johannesburg en juillet, marquant ainsi la première tournée africaine de l’œuvre de Wolfgang Tillmans. Comme l’artiste le racontait récemment à i-D, ses photographies forment le haut-parleur de ses idées. « D’une certaine manière, je me considère comme un amplificateur, disait-il. Ce n’est pas mon unique rôle, mais la photographie tend à amplifier les choses, parce que c’est un médium de multiplication mécanique. Très tôt dans ma carrière, j’ai compris que je pourrais donner une forme physique à mes idées via mon travail. »

L'exposition Wolfgang Tillmans: Fragile se tient Musée d'Art Contemporain et Multimédias de Kinshasa jusqu'au 18 février 2018.

Wolfgang Tillmans, August self portrait, 2005
Wolfgang Tillmans, Deer Hirsch, 1995
Wolfgang Tillmans, astro crusto, a, 2012
Wolfgang Tillmans, milk & gelatine, 2001
Wolfgang Tillmans, Iguazu, 2010
Wolfgang Tillmans, Faltenwurf (Pines), a, 2016
Wolfgang Tillmans, Headlight (f), 2012
Wolfgang Tillmans, Italian Coastal Guard Flying Rescue Mission off Lampedusa, 2008

This article originally appeared on i-D US.