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la fashion week milanaise en un mot : élégance

Les tendances de la saison ? Au deuxième jour des défilés de Milan, Fendi, Prada et Moschino nous ont donné une réponse élégante.

par Anders Christian Madsen
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26 Septembre 2016, 8:21am

Cet été, quand j'ai dû me rendre à un événement familial avant les défilés hommes de Milan et Paris, j'ai eu le droit aux questions habituelles des invités : « C'est quoi la tendance du moment ? Qu'est-ce je dois porter la saison prochaine ? » Plutôt déconcerté et sans réponse, j'ai dû me poser la question moi-même. Assister aux défilés aujourd'hui est une toute autre affaire qu'il y a ne serait-ce que cinq ou dix ans, quand il était aisé de détecter les tendances des podiums et des capitales de la mode. « La tendance des robes se perpétue, » écrivait quelqu'un sur Instagram pendant les défilés londoniens de la semaine dernière. La mode peut faire mieux que ça, non ? Face à une situation globalement difficile, les designers réagissent tous très différemment à l'humeur morose du moment : de l'esthétique la plus extravagante à la plus simpliste. Ce jeudi à Milan, nous en avons eu l'exemple parfait. Pour Fendi, Karl Lagerfeld a opté pour une version gracieuse et délicate de l'opulence, avec une collection rococo empruntée à Marie Antoinette. Avec leurs lèvres aux éclats métalliques, les femmes évoquaient les figurines de porcelaine de Meissen. Dans la mode, ce genre d'extension aux références historiques est souvent considéré comme une échappatoire : le conte de fées d'un designer - son monde idéal. 

Fendi printemps/été 2017

Difficile de ne pas se joindre à la rêverie face à l'irrésistible légèreté de Lagerfeld. La collection de Miuccia Prada présentait également une sorte de légèreté, mais en faire un parallèle serait trop simple et réducteur. Il y avait ici peu d'opulence - Prada a dépouillé son esthétique. « Ça simplifie les choses, et tend vers une nouvelle notion de l'élégance, » expliquait-elle en backstage. « L'élégance est un terme qui paraît vieux, mais c'est quelque chose qui a du sens, qui se cultive. C'est un moment, intime et authentique. J'ai essayé de traduire ça de manière contemporaine. » Une réaction au monde qui l'entoure, et qui cette fois ne s'est pas accompagnée d'opulence, à l'exception peut-être des plumes qui ornaient certaines de ses pièces minimalistes. La collection de Prada avait quelque chose d'étrange et d'inquiétant. Là où la collection éthérée de Lagerfeld était réconfortante, l'aspect plus austère et simple de Prada était beaucoup plus frontal et émotionnellement engageant. 

Prada printemps/été 2017

S'il fallait retirer une tendance du printemps/été 2017 proposé par ces deux designers de légende jeudi à Milan, ce serait l'élégance. Difficile de faire plus cliché (on recherche toujours l'élégance, non ?) mais peut-être que cette saison l'élégance a pris une dimension plus large. Le message de Fendi et Prada ne relevait pas uniquement de l'élégance dans la mode, mais de l'élégance dans le comportement, la manière d'être et de s'adapter avec élégance à un monde déplaisant. Essayez d'expliquer ça lors d'un dîner de famille en province où les invités se questionnent sur les tendances du moment, et vous regretterez de ne pas vous être contenté de : « Les couleurs pastels et les plumes ». Il aurait peut-être été plus facile d'expliquer la collection de Jeremy Scott pour Moschino de jeudi soir, qui avec ses trompe-l'œil et ses robes en deux dimensions finissait d'entériner d'une manière encore différente la tendance de la saison : l'élégance. 

Moschino printemps/été 2017

Credits


Texte Anders Christian Madsen