Selfies make-up de deux étudiantes en école d'art.

on a pris une leçon de maquillage avec des étudiants en école d'art

Tout ce que vous avez rêvé de porter (sans jamais l'assumer).

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nov. 8 2018, 12:45pm

Selfies make-up de deux étudiantes en école d'art.

Nous sommes en l’an de grâce 2018 : une partie de la population mondiale passe des heures à essayer de réussir le maquillage no-make-up d’Alicia Keys, à chercher le meilleur acide pour obtenir un teint lumineux, et à charger la dernière vidéo Vogue d’un top model qui se maquille devant le miroir d’un hôtel. Cependant, sur la planète « école d’art », on peut entendre un son de cloche bien différent : celui qui rime avec visage peinturluré et gloss bon-marché.

Nous avons demandé à 13 étudiants en art et en mode de nous détailler leur routine beauté, nous donner des tips et nous montrer comment nous lâcher. Nous avons découvert que parfois, des étudiants prennent des selfies dans le cadre de leurs parcours universitaires (autoportraits qui font souvent l'objet de devoir à la maison, oui oui). Nous avons également pu observer l'obsolescence progressive de l'effet nude (génial, c'était quand même hyper chiant et irréalisable, disons-le).

Katya Zelentsova, étudiante en mode
Décris-nous ton look make-up. C’est un maquillage complet dans un sauna. Quand as-tu eu tes premières expériences avec le maquillage ? Je me souviens de la première fois où j’ai mis du rouge à lèvres, j’étais en maternelle, j’avais quatre ans. Puis quand j’ai eu sept ou huit ans, j’ai essayé de copier de look de Liv Tyler dans le premier Seigneur des Anneaux. J’ai pu expérimenter bien plus de choses depuis que j’ai emménagé à Londres, parce qu’ici, les gens se fichent un peu de ce que tu fais de ton propre corps. Il n’y a pas de vieille dame assise sur un banc pour critiquer ton nouveau look. Est-ce que ton apparence a un lien avec ton travail ? J’assortis mon maquillage au code couleur de mon projet en cours. Mon travail s'inspire aussi beaucoup du cinéma – Parajanov, Almodovar, Greenaway et Ken Russell sont mes références. Hors des industries créatives, la plupart des gens considèrent plus le maquillage comme un outil de camouflage que comme un moyen d’expression de soi. Quelle est ta position sur la question ? J’adore la force que peut avoir le maquillage. Je choisis mon maquillage de la même manière que je choisirais une paire de chaussures ou un sac. Je ne m’en sers clairement pas pour cacher quoi que ce soit – je ne me sers pas non plus vraiment du maquillage pour avoir l’air plus jolie.

Lauryn Brown, musicienne et mannequin
Comment décides-tu de la façon dont tu vas te maquiller le matin ? J’ai tendance à me maquiller de façon assez impulsive à moins que j’aie une tenue, une coupe ou un « style » particulier en tête planifié à l’avance, car je suis une grande fan de l’assortiment des couleurs. Si mes cheveux sont d’une certaine couleur, je les assortirai à mes sourcils, à mon ombre à paupières ou à mon rouge à lèvres. Est-ce que tu assortis ton maquillage à tes vêtements ou l’inverse ? J’ai l’habitude d’assortir mon make-up à mes vêtements, ce qui peut être vu comme stressant par certains. Parfois, je créé un contraste entre la tenue et le make-up, mais je suis un vrai caméléon. Est-ce que tu te sens plus toi-même avec ou sans maquillage ? Qu’est-ce que tu préfères ? Je m’aime avec ou sans maquillage. Avant, je portais du maquillage à la fac et au travail tous les jours. Seulement je me suis rendu compte que je devais laisser respirer ma peau de temps à autres et la traiter avec douceur, alors j’ai arrêté de me maquiller.

Paolina Russo, diplômée en mode
Décris-nous ton maquillage en trois mots. Simple, coloré, bordélique. Quelle est ta routine du matin ? La seule constante, c’est le rouge à lèvres. Je porte toujours du rouge à lèvres. Je me sens nue, sans. À quand remonte ta première expérience avec le maquillage ? Quand j’étais au lycée. Je pense que j’étais plus aventureuse et excentrique avec mes looks, parce que je n’avais aucune idée de ce que je faisais. Je me maquillais dans la voiture sur le chemin vers l’école, dans un minuscule miroir. Mon père s’énervait parce que je renversais de l’ombre à paupières et du gloss sur les sièges. Peux-tu nous parler de ton projet de fin d'études ? Beaucoup des looks maquillage étaient une version un peu plus extrême de mon maquillage quotidien. J’ai travaillé avec Mona Leanne pour le maquillage de ma collection. Elle a vraiment saisi ce que je voulais ! Elle a proposé plein d’idées et de produits qui ont magnifié mon projet au-delà de mes espérances. As-tu des influences particulières, artistes ou icônes, qui inspirent les couleurs et les styles que tu emploies ? Pat McGrath est ma reine ! Elle a tout fait, et pourtant elle trouve toujours le moyen de faire quelque chose de nouveau et novateur. J’ai toujours admiré son travail, c’est vraiment un modèle à suivre.

Li Ming Hui, étudiante en design graphique
Qu’est-ce que le maquillage signifie pour toi ? Pour moi, le maquillage, c’est de l’art. J’adore pouvoir utiliser mon visage comme une toile pour créer des looks artistiques. C’est aussi très thérapeutique. Quand je me sens stressée ou triste, je me maquille et ça me détend. Ta perception du maquillage a-t-elle évoluée avec le temps ? Je ne crois pas que les gens en Malaysie soient aussi ouverts d’esprit que les Occidentaux. Ils jugent très vite ceux qui ont l’air « différents ». J’espère vraiment que la nouvelle génération de Malaysiens n’aura pas peur de s’exprimer par la mode ou le maquillage en public.

Slid Needham, étudiant en mode
Quel est ton look caractéristique ? Mignonne mais flippante. Est-ce qu’il t’arrives de modérer ton maquillage ? Absolument pas. Quand te sens-tu le plus toi-même ? Clairement quand je délire avec du maquillage ! Si tous les êtres humains ne devaient plus porter qu’un seul produit, lequel cela devrait être ? DE L’EYELINER.

Sydney Pimbley, étudiante en mode
Est-ce que tu as une routine matinale spécifique ? J’enlève toutes les traces de mascara et les restes d’huile de la veille. Je lave mon visage avec de l’eau sous la douche, puis j’utilise un nettoyant. Après ça, j’hydrate, et je commence à appliquer mon maquillage. Comment décides-tu de ton maquillage pour la journée ? Certains jours, en fonction de ce que je porte, d’autres, je ne sais pas quoi mettre, alors je commence par me maquiller, et je choisis les vêtements en fonction. Quel est ton look phare, si tu en as un ? Je pense que mon look phare est celui que ma mère surnomme « Frosty le Bonhomme de neige ». J’utilise du mascara blanc et je complète le look avec quatre points à chaque coin de l’œil. Est-ce que tu as des « astuces beauté » ? Des produits non-conventionnels qui marchent bien sur toi ? Je mets un mélange de Bio Oil et de ma crème de nuit avant d’aller me coucher. J’ai une cicatrice sous la lèvre, et je trouve qu’en mettre un peu chaque jour aide vraiment à la faire diparaitre.

Wendy Asumadu, diplômée de beaux-arts et maquilleuse
Quel est ton look phare, si tu en as un ? Il doit y avoir de la couleur sur mon visage, que ce soit un sourcil bleu, ou un trait d’eyeliner jaune. Quand as-tu décidé de faire du maquillage ton métier ? Il y a seulement quelques mois. On m'a contactée pour me photographier avec mon maquillage et au fil du temps, on m’a demandé de maquiller pour des shootings et des campagnes. Faire un école d'art t'as aidé ? Bien sûr ! On m’a encouragée à toujours expérimenter et à utiliser différents médiums, car il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de créer . Est-ce que tu utilises le maquillage comme moyen d’expression ou comme « camouflage » ? À un certain moment de ma vie, le maquillage m’a servi de camouflage. On me harcelait et on m’insultait à cause de ma peau sombre quand j’étais plus jeune. Je me souviens parfaitement avoir pris le fond de teint de ma mère et m’en être mis sur tout le visage quand j’ai commencé le lycée. C’est bête, mais j’avais l’impression d’être plus claire et je me sentais plus belle, et plus acceptée par tout le monde. Maintenant que j’ai grandi, j’adore ma peau et j’utilise rarement du fond de teint. Je porte du maquillage pour montrer qui je suis, c’est pour moi un art qui me permet d’exprimer mon humeur et ma personnalité. Applique du maquillage comme tu le sens, mais ne le fais que pour toi-même.

Miku Zhang, étudiante en beaux-arts
Quelle est la partie la plus importante de ton maquillage ? Clairement, les sourcils. Je suis obsédée par le fait d’avoir des sourcils qui ont l’air naturels. Je les épile peu, et je ne les travaille qu’avec de la poudre à sourcils et du gel. Ton style a t-il changé quand tu t’es installée à Londres ? Avant, j’étais à fond dans le maquillage mignon et plein de couleurs, mais maintenant, je me concentre sur le contouring sous mes paupières et sur la base de mon teint. Est-ce que tu as des produits « bizarres » fétiches, ou des habitudes make-up un peu étrange ? Je retourne mon recourbeur de cils pour courber mes cils inférieurs. Si vous êtes capables de le faire sans vous blesser, je vous le recommande vraiment ! Est-ce que tu te sens mieux avec ou sans maquillage ? Je me sens davantage moi-même avec du maquillage, j’adore ce que je peux créer sur mon corps. Pour moi, se maquiller, ce n’est pas simplement mettre des produits cosmétiques sur mon visage, ça fait vraiment partie de ma personnalité.

Ayesha Tan Jones, diplômé en beaux-arts, musicien
Quel est ton look phare, si tu en as un ? Les yeux de panda argentés. Le chakra de la gorge bleue. Une peinture de guerre pour affronter le monde entier. Des lignes de symétrie asymétriques. Penses-tu que ton style est lié à ta pratique artistique ? Oui, j’ai tendance à m’habiller comme si je me préparais pour l’apocalypse. Tous les personnages dans mon travail existent dans une dystopie optimiste ; ils sont mystiques, avec des poches remplies de minerais rares et de sortilèges, de potions pour détruire le patriarcat et de baumes de guérison. J’essaie de leur ressembler un peu plus chaque jour. Faire une école d'art t'a aidé à te trouver ? Je crois que quand tu consacres ta vie à ta pratique artistique, il est naturel et inévitable que tu façonnes et que tu transformes ton style en synergie avec ton travail. Est-ce que tu as des influences particulières, artistes ou icônes ? Mes ancêtres.

Iuliia Gulina, diplômée en mode
Comment décrirais-tu ton look et ton esthétique ? Mon style a beaucoup changé, chaque jour, je me sens différente. Un jour je me sens dark, un autre plus girly. J’étais à fond dans le rose et les chatons cet été, désormais, j’ajoute quelques éléments gothiques. Quand as-tu commencé à expérimenter le maquillage ? Quand j’étais en master, ma meilleure amie a commencé à me maquiller, et je suis tombée amoureuse de cet univers. Je me sens vraiment en confiance quand je porte du rouge à lèvres rouge et des ombres à paupières bleues – c’est un style typiquement russe. Quand te sens-tu le plus toi-même ? Avec ou sans maquillage ? Je vis en harmonie avec mon visage et avec mon corps et je me sens à l’aise sans le moindre maquillage.

Christie Lau, étudiante en imprimé de mode
Quel est ton look phare ? Je me maquille surtout les yeux, mais j’ai aussi souvent des stickers cheap et des sequins collés sur le visage. Rétrospectivement, qu’est-ce qui a déterminé ton esthétique, selon toi ? Sûrement le moment où j’ai commencé à tester les stickers sur mon visage. J’imagine que c’est aussi de là que viennent les tatouages éphémères que je me fais : les deux ont ce côté un peu puéril que je recherche. Quel est ton look phare, si tu en as un ? En général, je pars sur une aile avec mon eyeliner avec quelques sequins colorés dispersés sur mon visage. Est-ce que tu assortis ton maquillage à tes vêtements ou l’inverse ? Grave ! J’adore assortir les couleurs de mes stickers ou de mes sequins à celles de mes vêtements. Est-ce qu’il t’arrive d’utiliser des produits de beauté non-conventionnels ? Oh oui, bien sûr, j’utilise des paillettes collantes pour mon highlight. C’est un miracle que je n’en ai pas eu dans les yeux !

Freyja Newsome, étudiante en mode
Comment décrirais-tu ton look ? Je viens de traverser la jungle et j’ai ramassé des trucs pour les mettre dans mes cheveux. Est-ce que tu te sens aussi libre d’expérimenter avec ton look que tu le souhaites ? Y a t-il des endroits ou des situations où tu as l’impression de devoir « calmer le jeu » ? Quand je suis à la maison, (c’est-à-dire : chez mes parents), je demande à mon père de me conduire jusqu’à la gare au lieu d’y aller à pieds parce que je ne pense pas que ça se passerait très bien. Sur le chemin de l’école, avant que je ne commence l’université, mon copain et moi devions prendre une allée qui passe devant une école, et traverser un immense groupe d’ados. Les ados me terrifient, et c’était vraiment horrible, alors j’essayais de les éviter autant que possible en empruntant d’autres chemins.

Helena Yi, étudiante en design de mode
Quel est ton look phare ? Je ne pense pas en termes de looks, mais de personnages. J’adore essayer de nouvelles combinaisons, de nouvelles techniques. Le Diable Rouge est quand même l’un de mes personnages préférés. C’est un peu cliché, mais j’adore le rouge. J’aimerais avoir la peau rouge. Ton maquillage s'applique-t-il à ton art ? Pour le maquillage, je m’inspire souvent de mes projets de la fac. Je m’habille aussi comme les muses ou les personnages de mes carnets de dessin. Cela m’aide à développer le projet et à visualiser mes idées de designs.

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Cet article a été initialement publié dans i-D UK.