qui est emma mackey, la révélation franco-britannique de «sex education» ?

Nous avons rencontré l’actrice de la nouvelle série Netflix, qui a fait irruption dans les foyers de 140 millions de personnes en l’espace de quelques jours.

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29 Janvier 2019, 9:41am

Tout le monde (même ma grand-mère) parle de Sex Education, la dernière née du colosse du streaming Netflix. À juste titre. La série, qui suit l’histoire d’Otis (Asa Butterfield), un ado élevé par Jean, sa thérapeute sexuelle de mère (incarnée par l’incroyable Gillian Anderson), a réussi à s’inscrire dans cette veine intense, mais toujours honnête du récit d’apprentissage, qui a fait le succès phénoménal de Skins en 2007.

Le titre de révélation de la série revient à Emma Mackey – l’actrice franco-britannique qui interprète Maeve Wiley, principal personnage féminin. Un personnage de bad girl, tout droit sorti d’une comédie des années 1980, mis à jour façon millenial. Un rôle d'une authenticité rare qui a propulsé Emma de l’anonymat complet à la Célébrité avec un C majuscule. La jeune femme a débarqué sur les écrans de 140 millions de foyers en l’espace de sept jours. De la folie totale. Rencontre.

Pourquoi penses-tu que les gens s’identifient autant au personnage de Maeve ? Je pense qu’ils aiment qu’elle soit elle-même et qu’elle ne compte sur personne pour… En fait, elle ne compte sur personne tout court ! Maeve porte une carapace épaisse mais même dans les moment les plus durs, elle sait se montrer humaine et fait toujours passer les gens qu'elle aime en premier. La façon qu'elle a de se montrer sur n'est en réalité qu'une façade. Je pense que de nombreuses personnes se reconnaissent dans son personnage. Parce qu’à un moment ou à un autre de nos vies, nous utilisons tous des mécanismes de défense. Nous ne voulons pas être blessés, ni prendre de risques. Sa vulnérabilité est très touchante. Quand elle s’autorise à rire, à sourire, à arrêter d’être cynique pendant un instant.

C'est ce qui t’a plu chez elle ?
Oui, je pense que c’est ce qui m’a attirée chez elle. Laurie [Nunn], la scénariste, a a créé de super personnages. Ils ont tous quelque chose de très fort, d'authentique. Le rôle de Maeve n'est pas seulement satellite comme peuvent l'être un grand nombre de personnages féminins. Et je ne parle pas que de Maeve, mais aussi de Jean, d’Aimee, de Lily – on pourrait écrire toute une histoire juste avec elles, et elle serait tout aussi excitante, bouleversante et drôle. Maeve ne s’excuse pas d’être ce qu'elle est. Elle écrit sa propre histoire, et influence le destin des autres.

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Comment penses-tu avoir réussi à jouer ce rôle avec autant de justesse ?
J'ai eu envie de protéger Maeve. Plus j’auditionnais pour elle, plus je sentais que c’était un personnage très important, pas si différent de moi quand j’avais 17 ans. Je n'étais pas livrée à moi-même de la même façon qu'elle, je ne vivais pas non plus dans un mobil-home, seule, sur un terrain vague, mais j'ai quitté le foyer familial très tôt et j'ai été indépendante très jeune. Alors je suppose que cet aspect-là de sa vie me rappelait la mienne. J'admire également sa fougue et cette capacité qu'elle a de s'affirmer et de se foutre de l'avis des autres. Moi, je n’étais clairement pas comme ça à 17 ans. J’essayais de m’intégrer, de faire partie du groupe, tout le temps. Maeve est tout l'inverse, elle est plutôt du genre, « je suis comme ça et c’est tout ce que tu auras de moi, et si tu as de la chance, je m’ouvrirais à toi ». Si tu as de la chance... C’est ça que j’aime.

Comment s’est passé le tournage ?
Je n'ai pas eu le temps de réfléchir, on m'a tout de suite mise dans le bain et j'ai dû tout apprendre très vite. C’était mon premier job, j’étais donc très nerveuse au début. Je ne savais pas où j’allais, ni ce que je faisais, je ne savais même pas ce qu’était une callsheet. Mais à la fin de mon premier jour, la nervosité s’est dissipée, et je n’avais plus l’impression de devoir faire mes preuves à qui que ce soit. L’équipe et le casting ont réussi à créer une super atmosphère, on s'est tous senti à l'aise et nous n'avons pas ressenti le besoin de devoir faire nos preuves à qui que ce soit. En tant que jeune actrice, ça a été fondamental.

Cette relation de confiance était surement primordiale pour les scènes intimes que tu devaient jouer...
Oui, il a fallu qu'on se fasse tous confiance. Nous avons tous beaucoup communiqué et il a toujours été question de consentement. Pour les scènes intimes, nous avons été coachés très tôt, avant même le début du tournage. Nous avons beaucoup échangé avec les producteurs, les réalisateurs et les scénaristes, et ils s’assuraient que nous étions « okay » à chaque prise. Pour Kedar [Williams-Stirling, qui interprète Jackson] et moi, c’était comme réviser une chorégraphie. On suivait un rythme, des mouvements, on se disait "on s’embrasse pendant trois secondes, puis on fait ça". On s'assurait toujours du consentement de l'autre, du genre "c’est bon si je te touche les épaules ?". Tout était très répété, millimétré. Alors quand est venu le moment de le faire, on avait tellement intégré les mouvements et le timing que ça a eu l’air réel – du moins je l’espère.

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C’est le réalisme de la série qui fait toute la différence. Je pense en particulier au troisième épisode, quand Maeve visite la clinique d’avortement.
À vrai dire, nous avions un expert médical avec nous tout au long du tournage, qui s’assurait que ce nous faisions soit le plus réaliste possible. Ben Taylor, le réalisateur, ne voulait pas du tout dramatiser. Parce que très souvent, quand une personne tombe enceinte, ça devient un drame, n’est-ce pas ? Et, par souci de réalisme, Maeve ne pouvait pas garder le bébé – elle n’est même pas capable de prendre soin d’elle-même. Elle vit dans une caravane sans argent, sans soutien familial, et elle est encore lycéenne. Avorter, c'est juste une question de bon sens pour elle. Il n’y a pas de larmes, pas de « que vais-je faire ? ». Dans ça tête, c'est plutôt « il faut que je règle ça », un point c’est tout. Elle avance.

Que souhaites-tu à ton personnage pour la prochaine saison ?
Nous sommes tous très excités à la perspective d’une nouvelle saison, mais il est encore très tôt. La série est sortie il y a quelques semaines ! C’est dingue, rien que d’y penser. Et ça nous a tout simplement explosé à la figure, dans le meilleur sens du terme. J'aimerais voir Maeve et Aimee entretenir des relations encore plus proches. J'ai le sentiment qu'elles vont développer des liens forts. J'adorerais que les amitiés féminines occupent le premier plan lors de la prochaine saison. Ce serait cool, je trouve. Maeve, tout comme Aimee, veut s'émanciper. Alors les deux ensemble… C’est comme Thelma et Louise !

Sex Education est actuellement disponible sur Netflix.

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