10 personnages cultes du cinéma, 10 tenues d'halloween

On est allé chercher les inspirations les moins (re)vues mais les plus évidentes, de "Sailor et Lula" au "Cinquième Élément". De quoi rayonner en cette nuit de terreur.

par Emily Manning
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31 Octobre 2016, 2:10pm

Dot, Gummo
La plupart des personnages des films d'Harmony Korine sont des costumes d'Halloween ambulants (attention, entre le costume Spring Breakers et la tenue Pussy Riot il n'y qu'un petit pas, c'est l'expérience qui parle). Mais vous pouvez certainement vous arrêter à son premier film Gummo (1997) pour trouver la source d'inspiration idéale d'une garde-robe des plus barrées. Et c'est sûrement dû au fait qu'en plus de jouer dedans, Chloë Sevigny a fait office de costumière du film. Son personnage, Dot, est une option assez évidente pour Halloween. Vous n'avez qu'à choisir entre un maillot de bain-tigre et un t-shirt Poison, puis vous décolorer les cheveux. Et puis qui sait, ça vous permettra peut-être d'être castée pour le prochain défilé Alexander Wang.

Frankenstein, Death Race 2000
Voilà comment le site Rotten Tomatoes décrit ce film de 1975 : « Dans cette satire au budget limité, sont réunies en un événement toutes les passions de l'Amérique : les voitures, la violence et le sport. » Il faut surtout retenir « satire » et « violence ». Dans un futur dystopique, un leader totalitaire invente un nouveau sport pour rassasier la soif populaire de divertissement musclé. C'est la Death Race. Un rallye automobile à travers champs et à mi-chemin entre Mad Max et Tueurs Nés : le vainqueur n'est pas le pilote qui finit premier, mais celui qui renverse le plus de piétons dans sa course. Le conducteur le plus mortel (littéralement) et le mieux habillé est Frankestein, un mec un peu mystérieux, conçu par des scientifiques pour être le meilleur pilote du monde. Un look entièrement noir, aussi chic que flippante, qui rappellerait presque les belles heures de Thierry Mugler.

Marietta Fortune, Sailor et Lula
Alors c'est sûr, les personnages de Laura Dern et Nicolas Cage présentent des tenues bien plus typiques, bien plus simples et bien plus sexy que notre suggestion. Mais Diane Ladd incarne à merveille Marietta, la mère de Lula, dominatrice et allumée (peut-être aussi parce que Dern est sa fille dans la vraie vie). Quand elle prépare un mauvais coup, elle sait y mettre les formes et le look. Vous pouvez aussi opter pour un autre psychopathe du film, en vous déguisant en Bobby Peru, le taré joué par Willem Dafoe dont le choix du déguisement pour braquer une banque n'est pas si éloigné des masques que l'on retrouvait sur le podium de l'automne/hiver 2015 de Hood by Air.

Ruby Rhod, Le Cinquième Élément
Pour Sailor et Lula, David Lynch n'avais pas fait appel aux services de Shayne Oliver pour habiller ses protagonistes (certes, le designer n'avait que 2 ans à l'époque). Pour son voyage intergalactique de 1997, Luc Besson est lui allé quérir l'aide d'un autre des enfants terribles préférés de la mode : Jean-Paul Gaultier. Le maître parisien a taillé sur mesure tous les membres de l'énorme casting du Cinquième Élément - des hôtesses de l'air aux employés de fast-food, en passant bien entendu par le scandaleux Ruby Rhod. La performance géniale de Chris Tucker dans le rôle (d'abord proposé à Prince !) d'un animateur radio monté sur ressorts l'a vu porter deux des tenues les plus dingues du film : une combinaison léopard et un col fait de roses qui nous dévore encore, 20 ans plus tard.

Donna et Donald Dasher, Female Trouble
Si vous êtes la moitié d'un duo dynamique à la recherche de costumes de couple pour ce soir, jetez un œil à Female Trouble (1974), le dernier volet de la « Trash Trilogy » de John Waters. Et si son personnage principal, la divine Dawn Davenport se sent « tellement putain de belle que j'ai moi-même du mal à m'y faire, » l'Oscar du style revient malgré tout à ses antagonistes hypocrites, Donna et Donald Dasher. Les deux parviennent à convaincre Dawn que le seul moyen de s'embellir est qu'elle s'engage dans une vie de violence et de crimes. Les costumes dessinés par Van Smith font des Dasher les personnages les plus stylés de l'univers de Waters. Dans une des scènes, Donna à l'air d'avoir été habillée des créations sculpturales de Rei Kawakubo, et les blouses flashy de Donald évoquent les défilés maximalistes d'Alessandro Michele pour Gucci.

Andre, But I'm a Cheerleader
En 2000, Jamie Babbit réunissait un casting cinq étoiles pour son premier film, une croisade satirique contre les étouffantes normes hétéros. À l'écran : RuPaul Charles, Michelle Williams, Mink Stole, Clea DuVall et Natasha Lyonne. Le design du film était tout aussi mémorable. Babbit affirmait que cet univers rose bonbon et bleu ciel était inspiré de John Waters, de Edward aux mains d'argent, de David LaChapelle et, plus étonnant, de la paranoïa causée par le SIDA. Les costumes du film, en plastique, polyester et PVC, jouent de cet aspect artificiel et sont autant d'idées d'Halloween : un trench en PVC rose ou une veste de smoking d'un bleu éclatant.

Queen Katrina, Vamp
Cette comédie d'horreur de 1986 suit deux membres d'une fraternité chargés de trouver une strip-teaseuse pour la grande fête de débauche du campus. Ils jettent leur dévolu sur Queen Katrina - un séductrice surréaliste jouée par la royale Grace Jones - sans savoir qu'elle est en fait un vampire assoiffé. Vamp n'a pas franchement séduit les critiques, mais le costume de Jones reste assez fou. On doit la peinture qui recouvre son corps à Keith Haring, l'artiste new-yorkais avec qui Jones collaborait aussi ailleurs (sur le clip de « I'm Not perfect » et bon nombre de ses concerts au Paradise Garage). Mais c'est sa perruque rouge à la Ronald McDonald, ses lentilles d'un bleu perçant et son visage d'un blanc de craie qui transporte Jones et sa performance dans une autre dimension.

Sick Boy, Trainspotting
« Choisir la vie, choisir un boulot, choisir une carrière, choisir une famille, choisir un putain de…costume. » On ne tient plus en place depuis l'annonce de Danny Boyle de la suite du film culte de 1996 sur nos drogués d'Edimbourg. C'est le moment de se mettre en condition en choisissant le costume du junkie de votre choix. Le personnage d'Ewan McGregor, Renton, est un choix assez évident, et même assez facile pour toute personne qui semble d'habitude tout droit sorti d'une photo de Wolfgang Tillmans : le bombers, le jean délavé et les converse en charpie devraient suffire. Si vous voulez aller plus loin, optez pour les lunettes à verres jaunes de Spud. Mais si vous possédez déjà une collection de t-shirts technicolor délavés, que vous adorez le camouflage et que vous avez déjà une serpillère peroxydée sur la tête, le choix à faire est Sick Boy.

Gorgeous, House
« Comment décrire l'indescriptible House (1977) de Nobuhiko Obayashi ? » se demande The Criterion Collection. « Un conte psychédélique de fantômes ? Un épisode de Scooby-Doo réalisé par Mario Bava ? House nous est peut-être arrivé d'une autre planète. » On n'aurait pas dit mieux. Le résumé : sept écolières japonaises et leurs chapeaux arc-en-ciel font le trajet jusqu'à la tante malade du personnage principal. En chemin, à travers la campagne, une série d'événements surnaturels, bizarre et parfois hilarants s'imposent à elles, jusqu'à causer leur chute. En plus de ses têtes décapitées, de ses miroirs hantés, de ses doigts découpés et de ses pastèques, House présente aussi des éclats stylistiques. Les chapeaux arc-en-ciel cités au-dessus en font partie, tout autant que les uniformes des écolières style Sailor Moon, qu'elles portent avant d'être dévorées par une maison. Que demander de plus d'un film ?

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Texte Emily Manning

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