Publicité

de damas à paris, c'est en créant que la jeunesse syrienne résiste

Le festival « Syrien n'est fait » consacré à la scène artistique syrienne se réinstalle aux Grands Voisins à Paris pour une troisième édition cet été, du 1er au 5 août.

|
juil. 24 2018, 1:51pm

Le peuple syrien connait son chemin

Publicité

La simple évocation du pays suffit à éveiller tout un imaginaire funèbre : la Syrie est prisonnière de son destin politique, militaire et médiatique, depuis près de sept ans maintenant. Dans un tel contexte, il faut interroger sa mémoire – comment sera-t-elle préservée ? Que restera-t-il du présent ? Comment continuer à faire peuple ? Mais aussi continuer à rêver son futur. Avec pour mission principale de donner à voir une autre image de la Syrie et de ses forces créatrices, le festival parisien « Syrien N'est Fait » organise sa troisième édition cet été aux Grands Voisins, dans un souci de sensibilisation mais aussi de célébration culturelle. Au bout du téléphone, la directrice du festival Lucie Zagrad, explique la façon dont le festival et ces thématiques évoluent en fonction de l'histoire du conflit. « La situation en Syrie a évolué depuis la première année du festival. La première année, il y avait surement plus d'espoir pour une sortie juste de ce conflit, confie-t-elle. Cet espoir s'est ensuite étiolé au fur et à mesure du temps qui est passé. Nous tentons de refléter l'évolution du ressenti des activistes et des organisations sur place et en dehors du territoire syrien tout en ré-inssuflant l'espoir d'une résolution du conflit. » Dans cette optique, le festival, qui rassemble un grand nombre d'organisations et d'associations militantes, met en lumière une scène artistique syrienne dont une grande partie se trouve aujourd'hui en exil, et de rétablir l'art comme arme de résistance. « Il existe encore des artistes en Syrie dont l'existence est bien entendu de plus en plus difficile. Leur espace de création, leur champs de possibles diminuent depuis le début de la révolution. Sur place ou en exil, ils résistent. » explique Lucie.

Le festival propose cette année une programmation passionnante, un ensemble de concerts, conférences, expositions, projections et ateliers pensés pour célébrer une nouvelle génération d'artistes syriens contrainte dans sa création, et désireuse d'autonomie et de liberté. Il ne faudra pas manquer la soirée consacrée à la scène techno syrienne ou encore les conférences dédiées à la question de l'émancipation des femmes dans une situation de conflit. Sur ce sujet, Lucie explique : « Nous avons voulu faire participer des journalistes correspondantes qui interviendront en live depuis la Syrie. Nous voulons aussi explorer la façon dont l’activisme, le journalisme et l'art peuvent être des moyens d’émancipation féminine en Syrie. Au terme de cette soirée, nous projetterons un film réalisé par une journaliste syrienne extrêmement courageuse, partie filmer Daesh avec une caméra sous le manteau. »

Publicité

Si le festival « Syrien N'est Fait » ne ressemble en rien à l'idéal-type des festivals estivaux qui reviennent animer nos étés chaque année, il intervient pour rappeler que l'art et la fête restent des vecteurs politiques majeurs et des sas de décompression essentiels pour toutes les jeunesses contraintes à une situation d'oppression politique et militaire. Et lorsqu'on embarque Lucie sur ce sujet, sa réponse nous exhorte à envisager un futur meilleur. « Ce festival est aussi l’occasion de se retrouver et échanger, se dire que nous sommes tous ensemble pour continuer à montrer une autre image de la Syrie, différente de celle que l'on voit habituellement dans les médias. Il nous rappelle aussi que nous n'avons pas fini de lutter pour une Syrie juste, indépendante et démocratique. »

Syrien n'est fait, du 1er au 5 août 2018 aux Grands Voisins à Paris. Retrouvez la programmation du festival ici.

more from i-D