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si vous n'êtes pas un homme de 50 ans ou une femme de 18 ans, bonne chance sur tinder

L'âge de pierre a de l'avenir, surtout sur internet.

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sept. 5 2018, 8:57am

Extrait du film Lolita, de Adrian Lyne

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On aurait pu penser que l’avènement des applications de rencontre – si modernes ! si novatrices ! si égalitaires ! – changerait quelque chose à la nature des fréquentations amoureuses. On aurait pu espérer que le terrain de jeu soit débarrassé des stéréotypes sexistes et des précédents hétérosexuels qui privilégient l’inexpérience et l’extrême jeunesse des femmes de manière assez problématique. Mais c'est désormais officiel : rien n'a changé !

La situation a même empiré. Pour ce qui est de la popularité des hommes : sur les applications de rencontre, c'est à 50 ans que les hommes rencontrent le plus de succès. Pour les femmes, c'est à 18 ans, selon un récent article du New York Times. Les recherches se sont basées, pendant un mois, sur l'activité de 200 000 utilisateurs d’une application anonyme et populaire, et ont observé le nombre de messages qu’ils recevaient. C’est en utilisant ces données que différents pics d'attractivité sexuelle ont pu être établis. Les femmes traversent en général un pic d'activité sexuelle à la sortie de l’adolescence, vers 18 ans – un pic qui « ne fait que descendre ensuite » selon l'étude. Super.

« Cette découverte, en ce qui concerne les femmes, nous a énormément étonnés, » indique l’auteure de l’étude Elizabeth Bruch, de l’University of Michigan, qui n’a clairement jamais dû se plonger dans les méandres de Tinder un dimanche soir. « À la fois parce que cette activité sexuelle féminine ne fait que décliner de 18 à 64 ans, et parce qu’elle le fait de manière très abrupte. »

Screenshot Tinder.

L’étude attribue ce fort déclin dans l’attractivité des femmes adulte à une « mentalité d’homme des cavernes » persistant sur les applications de rencontre, et selon laquelle la jeunesse équivaut à la fertilité, et donc au charme. Ces trouvailles sont pour le moins déprimantes, particulièrement lorsqu’on les associe aux résultats qui montrent que les hommes hétérosexuels sur Tinder, Bumble et consort sont moins intéressés par les femmes à haut niveau d’études. L’étude dévoile que, rien n’est « moins attirant » pour un homme hétéro qu’une femme qui se vante d’un diplôme au-delà du premier cycle. Et bien entendu, l’inverse n’est pas vrai pour les hommes très éduqués.

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Il est vrai que, lentement mais sûrement, les compagnies en charge de nos applications de rencontre les plus populaires sont en train de s’ajuster à un monde en profond changement et aux nouvelles façons, modernes, de trouver l’amour. En 2016, Tinder a fini par se mettre au diapason d’une génération qui prend de plus en plus de distance par rapport aux normes traditionnelles et binaires du genre, en ajoutant 37 nouvelles identités de genre dans ses options. Grindr, de son côté, a prévu de se renommer Kindr pour échapper à l’aspect discriminant de l’application, notamment envers les personnes de couleur queer. Mais les relations hétérosexuelles ont encore beaucoup de chemin à faire pour que les utilisateurs sortent enfin de leurs raisonnements hyper rétro.

Quel bonheur d’être une femme en ligne !

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