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mais d'où vient cette obsession pour les mini-lunettes de soleil ?

Enquête exclusive sur l’accessoire le plus en vogue de l’année.

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févr. 14 2018, 10:50am

Image via Instagram

Kim Kardashian, Bella Hadid, l’intégralité du casting de Matrix et votre mère en vacances à la fin des années 1990/début des années 2000. Quel est leur point commun ? Une garde-robe que vous jalousez secrètement, et l’accessoire ultime de 2018 : de minuscules lunettes voilant à peine les rétines.

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Sur la planète mode, cela fait un petit moment que le syndrome du bug de l’an 2000 fait des siennes, s’attachant à revisiter les tendances nées à la fin des années 1990 et au début des années 2000. Mais avant que vous ne fonciez sur eBay pour acheter du Kookaï en songeant à remettre des pantacourts, il est essentiel de noter que seul le « meilleur » de la décennie vaut la peine de refaire surface, avec ses petits moments de grande excentricité.

La genèse culturelle de la réduction des lunettes à de minimalistes cercles peut être retracée – comme la plupart des tendances, pour être tout à fait honnête – à travers la vie des Kardashians, notamment grâce à un épisode de Keeping Up with the Kardashians sorti en janvier, dans lequel Kim déclarait que les lunettes mouches devaient être enterrées. « Kanye m’a envoyé tout un e-mail me disantTu ne peux plus porter de grosses lunettes. Maintenant, place aux toutes petites lunettes’, méditait-elle. Il m’a envoyé, genre, des millions de photos des années 1990 avec des petites lunettes comme celles-là. » Sans faire du Diet Prada, avant que Kim ne s’imprègne de ses « millions » de références 1990, il y a bien sûr eu le défilé printemps/été 2017 de Demna chez Balenciaga dans lequel les lunettes Matrix ont fait converger tous les regards. Internet n’a fait que lui emboiter le pas. Louis Vuitton, Miu Miu et les autres aussi.

L’iconique designer new-yorkais Adam Selman et ses lunettes Lolita – même si elles ne sont pas aussi minuscules que celles qu’on voit actuellement orner des nez protubérants – étaient le résultat d’une collaboration avec la marque Le Specs dont les modèles continuent à s’arracher depuis l’été 2017 (une éternité en temps mode). Les Lolita ont été adoptées par Rihanna, Zoe Kravitz, marquant un tournant après la tendance lunettes de mouche façon femmes de footballeurs qui a longtemps eu la côte. La cerise sur le gâteau a été posée par l’icône millenial Jazelle aka @uglyworldwide, qui a adopté un modèle Christianahjones pour la vidéo Be Good Be Kind, Be 2018 réalisée l’an dernier pour le site d’ i-D. « Je voudrais des lunettes plus petites que celles-là, lançait-elle. Fines, comme de la ficelle, mais avec différentes couleurs et peut-être même différents verres au même moment. »

Vous pouvez donc jeter vos immenses lunettes de soleil façon sœurs Olsen et vous préparer à investir dans un modèle de bébé. Le but du jeu étant de vous changer en taupe de la mode prête à assassiner le style de tous ceux qui croisent son regard. Les lunettes doivent révéler l’intégralité du sourcil (sans rentrer dans le débat du sourcil buissonnant vs sourcil en virgule) et de préférence la majorité de votre globe oculaire. Elles ne vous serviront pas de protection face aux rayons du soleil, mais elles seront parfaites pour les situations dans lesquelles vous serez privé de lumière : les clubs, le bureau, le cinéma, l’Angleterre ou Paris en hiver. À choisir les moins pratiques et les plus laides possible. Mais où diable les trouver ?

Le nom sur toutes les lèvres est celui de la designer georgienne George Keburia : Gigi, Bella, Solange – couvrent toutes leurs cornées à l’aide de ses minuscules verres. Elles peuvent donner l’impression qu’elles ne vont pas à votre visage (elles sont très bizarres) mais c’est tout leur intérêt – un mélange de futurisme et de mode, à la croisée des tendances et de la high-tech. Bref, c’est terrible, mais elles font un malheur. Vous voulez avoir l’air d’un alien sexy ? Vous y voilà. Si vous préférez ressembler à une sorcière sexy plutôt qu’à un détective un soir de pleine lune, la designer australienne Poppy Lissman doit déjà être dans vos radars. « J’ai commencé à créer le premier style à la fin de l’année dernière et la première paire (les Le Skinny) a été lancée sur le marché en mai 2017, raconte Poppy. Elles se sont retrouvées sold-out un mois avant alors qu’elles n’étaient qu’en pre-order. Ce ne sont certainement pas les lunettes les plus pratiques mais ce qui est certain, c’est qu’en photo, elles sont géniales. Les gens aiment de plus en plus l’excentricité », admet-elle.

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Il est de notoriété publique que ces minuscules écrans posés devant nos yeux sont incommodes et souvent dénués de la moindre protection UV. Alors, ne signifient-ils pas plus qu’une simple tendance ? Leur pouvoir sémiotique est quand même fort : les lunettes de soleil géantes vous permettaient de descendre sur le tarmac d’un aéroport en échappant aux flashs des paparazzis, elles vous donnaient le contrôle de votre vie privée, la conservation de votre dignité et la jouissance secrète des excès de votre nuit passée derrière le filtre des verres fumés. Sauf qu’en 2018, les mini-verres ont décidé de vous rendre libres, célébrant les cernes, les sourcils décolorés, et toutes les asymétries de votre visage. Libres des préjugés, ils font le pari de vous exposer, peu importe qui vous êtes, peu importe où vous vous trouvez. Une affaire d’ordre purement esthétique, parfaite pour notre époque saturée d’images – Kim l’avait deviné.

Cet article a été initialement publié par i-D UK.

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