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la techno de dimitri riviere fait convulser l'underground parisien

Styliste le jour, c'est dans la nuit que Dimitri se révèle – derrière les platines de la Station, entre les murs de la Péripate ou tout près des heureux élus d'AZF. Il livre aujourd'hui son tout dernier mix à i-D. Une danse avec le diable.

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sept. 11 2018, 12:14pm

© Ricardo Gomes

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Les nouvelles générations pourront se targuer d'avoir été les témoins d'un tournant majeur dans l'histoire de la nuit parisienne. Leurs ainés ont bien eu leurs temples – le Palace, les Bains ou le New Moon – mais rien n'a semblé s'être érigé sur leurs ruines pendant de longues années. Comme si la tempête avait été trop forte, la frénésie trop intense et la crise impossible à encaisser. Aujourd'hui, dans toutes les grandes villes, une jeunesse punk-à-sa-manière redéfinit les codes de la transe. Dimitri Rivière en fait indéniablement partie. Ce jeune Dj traine son énergie fiévreuse dans les coins les plus sombres (et les plus cool) de la capitale. Et s'il œuvre le jour en tant que styliste, c'est dans la nuit qu'il se révèle : accroché à ses platines, balançant sa longue silhouette sur des basses techno trempées toutes entières dans l'acier.

De la Toilette aux soirées Qui Embrouille Qui, en passant par la Shemale Trouble, ce jeune savoyard débarqué à Paris en 2011 construit les bandes-son des soirées parisiennes les plus fédératrices de ces dernières années. Et c'est pourtant de l'autre côté de la Manche, à Londres, qu'il a fait l'expérience de sa première épiphanie techno. « Un ami m'a embarqué dans une warehouse , c'était la première fois que je découvrais un lieu et une fête comme ça. Il était tôt dans la soirée mais le Dj aux platines passait déjà de la grosse techno industrielle. Je n'avais jamais entendu un son pareil, explique Dimitri. Je me suis retrouvé au milieu de l'entrepôt, incapable de bouger. La sensation était trop forte. C'est à cet instant que je me suis dit que c'était cette exacte sensation que je voulais transmettre aux autres. » Un sacerdoce qu'on ne peut que saluer. Depuis, Dimitri officie dans des clubs à son image, plantés sur la périphérie de la ville, où le carré VIP y est reconnu comme une hérésie. « Je vogue entre la Station, la Péripate, l'Aérosol et le Consulat, des lieux qui changent des clubs habituels où tu te ruines pour un verre de vodka. »

Pour mieux se présenter, Dimitri a composé un mix, rien que pour nous. Un souffle industriel de plus d'une heure, monté sur des BPM qui détalent et des lames qui battent la mesure d'un compte à rebours maléfique. « J'ai voulu construire un set aussi énergique que mélodique, nous a-t-il précisé. J'ai demandé à quelques amis et producteurs de m'envoyer leurs nouveaux sons inédits. Pêle-mêle j'ai voulu inclure le track « la Paresse » d'Hemka, que j'adore (on peut discerner la voix de Brel dessus). Puis il y a le morceau « Genesis of Insanity » de Netsh dont la construction est remarquable – les gens deviennent dingues sur le dancefloor à chaque fois que je le joue. Le producteur danois Sugar, membre du crew Fast Foward Productions m'a également filé un son. J'ai composé tout ça en incluant des artistes que j'affectionne particulièrement comme la jeune parisienne EKPLX, Charles Fenckler, Repro ou Introversion. J'adore finir mes sets sur un son avec un bon potentiel émotionnel, c'est la raison pour laquelle j'ai voulu conclure mon set par un track d'Inigo Kennedy. » Voilà donc une exégèse qui devrait vous permettre de suivre le parcours techno qu'il vous a tracé. Bonne route.

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