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il y a des gens qu'on préférerait éviter (surtout en période de canicule)

Le collègue qui vante sa nouvelle clim, le hippie blanc fan de slackline ou le harceleur de rue.

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juil. 31 2018, 9:18am

L'été meurtrier, Jean Becker, 1983

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Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, la France est sous le coup d'une chaleur torride, moite, et suante depuis maintenant près d’un mois. Impossible d’y échapper. Il suffit de jeter un oeil aux passagers d'un métro pour comprendre que la déshydratation touche tout le monde : c’est sans doute ce qui fait de la chaleur un sujet de conversation aussi fédérateur. D’êtres humains normaux, nous passons à êtres humains soumis à la canicule – suants, gonflés, vêtus de matières rustiques et respirantes (coucou le lin) incapables de parler d’autre chose que du temps qu’il fait. Vous ne les avez peut-être pas encore tous rencontrés, mais vous êtes au moins tombés sur l’une des personnes qui va suivre.

Le passager énervé qui transpire
Christophe travaille à Nation depuis maintenant 12 ans. En général, il parvient à faire la navette entre son domicile et son travail à la perfection. Il sait exactement à quelle heure quitter la maison pour ne pas être en retard, à une nanoseconde près. Il sait exactement où attendre son métro sur le quai. Il sait exactement dans quelle rame il a le plus de chances de trouver une place pour s’asseoir. Christophe est l’heureux propriétaire d’un assortiment de costumes varié, qu’il sait sortir au moment opportun. Il sait, à la minute près, le temps que lui prendra un détour chez Starbucks pour acheter son latte machiatto qu’il posera encore fumant sur son bureau. Christophe est un maître dans l’art de l’organisation. Mais la chaleur porte un grand préjudice à ses capacités de gestion. Il fait plus chaud dans le métro qu'à l'intérieur du soleil. Sa veine frontale se fait de plus en plus visible. Ses mains sont trop moites pour supporter la température de son latte machiatto. La personne à côté de lui s’évente avec un exemplaire de L’Express qu’il souffre de voir aussi malmené. Vivement les vacances à La Baule.

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Le collègue à qui vous ne parlez qu’en période de forte chaleur
À moins que vous ne soyez une sorte de papillon doté de capacités sociales hors du commun, il y a assez peu de chances pour que vous ayez une relation intime avec tous vos collègues de bureau. Généralement, on porte à 5 ceux à qui vous adressez la parole quotidiennement, à 6 ou 7 ceux à qui vous esquissez un léger sourire accompagné d’un « ça va ? » machinal, qui reste 9 fois sur 10 sans réponse, mais que vous vous sentez obligé de prononcer lorsque vous vous retrouvez dans le même ascenseur ou - pire encore – côte à côte devant la machine à café. Et puis il y a ceux à qui vous ne parlez jamais. Sauf en période de canicule : la hausse du thermomètre crée une connivence culturelle tout à fait inédite. Vos regards se croisent alors que vous pénétrez le sanctuaire, l’utopie régénérée à l’air conditionné, plus connue sous le nom de bureau, qui égaye votre quotidien. Le moment d’expirer en roulant des yeux : « Oh mon dieu » commence l’un d’entre vous. « On va pas se plaindre d’avoir la clim ! » conclut l’autre. La naissance d’une amitié.

Le collègue qui se donne pour mission quotidienne d'aller acheter des glaces
Il est 16h30. Ce matin, vous étiez bien décidé à échapper au soleil mais maintenant, vous contemplez avec envie le ciel bleu depuis votre fenêtre. Quelle injustice ! Vous aimeriez bien être vous aussi, étendu dans un parc à savourer un Cornetto glacé, un Magnum, un Twix ou n’importe quelle autre source de sucres rapides achetée trois fois son prix après avoir fait la queue 20 minutes dans une épicerie. Heureusement, au milieu de l’open space, quelqu’un se lève brusquement en tapant dans ses mains. « Ok, qui veut une glace ? » Vous lui jetez 2 euros et 14 minutes chrono plus tard, il vous remet un Mr Freeze à moitié fondu qui inonde la pile de documents que vous avez sous le nez. Mais c’est pas grave, ça rafraichit.

La personne très très concernée par le réchauffement climatique
Nous avons tous un ami Facebook qui abonde de statuts portant sur le réchauffement climatique et notre destruction de la planète depuis qu'on l'a ajouté. Peut-être aurions nous dû l’écouter.

La personne qui soutient que la canicule n’a rien à voir avec le réchauffement climatique
Tais-toi.

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L’ami bien-être
Le genre de personne à se balader avec une bouteille d’eau filtrée qui lui indique quelle quantité d’eau boire dans l’heure. Des gens qui veulent bien faire mais qui en deviennent chiants à mourir. On leur reconnaîtra quand même un certain sens de la générosité : ils vous laisseront toujours boire un peu de leur eau de coco quand ils oublient de la remettre au frais. Namasté !

L’ami BBQ
Cette personne (halte aux stéréotypes mais il convient de dire que cet individu est généralement cisgenre, masculin et hétérosexuel) a fait l’achat d’un barbecue haut de gamme, particulièrement cher losrqu’il a emmenagé avec sa « chérie » dans leur appartement – la première fois qu’ils ont eu un balcon digne de ce nom – il y a trois ans. Ce qui est fou, c’est que comme ils ont pas mal bougé ces dernières années, il n’ont toujours pas eu le temps de l’utiliser ! Attendez-vous donc à beaucoup d’évènements Facebook et de groupes WhatsApp appelant à l’inauguration dudit barbecue, parsemé de punchlines aussi incisives que « profitons-en tant que le soleil est là » !

L’ami festivalier
Vous ignorez combien cette personne a dépensé pour écumer tous les « festoches » de France mais les bracelets à son poignet s’accumulent (les risques de staphylocoques aussi mais ça, vous n’êtes pas assez intime pour le lui dire).

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Le copain de comptoir
L’inclination naturelle du Parisien consiste à se tourner, à la première lueur du soleil, vers les terrasses de café. Bière, rosé, Spritz, gin tonic ou Monaco, l’apéro est devenu le centre névéralgique de notre journée. Ce qui n’est pas dramatique, l’excuse « c’est l’été » étant sans doute la meilleure pour mettre son foie le plus durement à l’amende. Le problème, c’est que cette excuse vient s’ajouter à « c’est la coupe du Monde » et se verra bientôt suivie de « les vacances sont finies, il faut bien se donner un peu de courage ». Il est donc peut-être temps de faire une pause et de troquer sa mauresque contre un jus de citron pressé.

Le copain de piscine
« Ça doit être tellement cool d’avoir une piscine ! » « Oh, tu sais, moi j'en ai une mais je suis si peu là que je n’en profite pas ».

La personne qui ne renonce pas à son style même par 35°
Nous sommes nombreux à nous lever le matin, à ouvrir notre armoire et à avoir envie d’hurler devant le peu de créativité qu’elle nous inspire. Vous savez d’avance que quoi que vous décidiez de porter, tout sera trop chaud, et que vous réservez le reste pour « l’EVJF de Vanessa à Barcelone ». Et comme il s’agit de l’événement le plus couru de l’été, personne ne songe à s’habiller dignement. Il y a tout de même quelques exceptions : certaines personnes parviennent à rester des icônes de style même quand le mercure dépassé les 35 degrés. Il fait trop chaud pour leur en vouloir. Contentons-nous de les admirer.

La personne qui continue de porter sa tenue préférée, peu importe le temps qu’il fait
Cette tenue m'appartient.

Le pilier de comptoir rougi par le soleil
À en juger par la rougeur incandescente de son crâne rasé, cet homme est assis à la chaise de cette terrasse, affublé de ses lunettes Oakley et de son expression déterminée depuis le 22 juin. S’il fait moins chaud un jour, il faudra lui faire quitter son siège de force.

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Les gens qui ressortent leur guitare dans les parcs
Elle était accrochée au mur en déco, mais tous les étés, Diego la ressort pour aller faire un caps avec ses potes au Parc de la Villette. Son répertoire restreint mais fédérateur comprend Jeune et con, Wonderwall, No Woman no Cry et l’intégralité de Mamagubida, l'album de Tryo sorti en 1998.

Les hippies blancs qui font du diabolo
Mec, je sais qu’il fait 30 degrés mais t’es aux Buttes Chaumont, pas à Burning Man.

Les couples au bord de la rupture
C’est bien connu : la chaleur échauffe aussi les esprits. Il y a quelques semaines, il vous semblait donc inconcevable de faire une scène à votre partenaire parce que vous aviez rêvé de lui (ou d'elle) au bord d’un jacuzzi entouré de sex symbols. Et pourtant, c’est précisément la raison pour laquelle vous êtes en train de vous hurler dessus dans un bus bondé. Il serait intéressant de savoir de combien de ruptures l’été en ville est responsable.

Les couples en baisse de régime
« L’été sera chaud ». Le sous-entendu le plus mensonger du XXème siècle. Parce qu’en vérité, la chaleur est le meilleur prétexte d’abstinence pour tous les couples en fin de vie.

Les célibataires très chauds
On se l’est répété tout l’hiver : « l’été sera chaud ». Il fait 35° et toujours pas la moindre target à l’horizon. Même après avoir rabaissé vos critères d’âge de Tinder et commencé à chercher l’amour de 18 à 55 +, il n’y a que des couples libertins qui cherchent des plans à 3. Peut-être que c’est un signe.

Le harceleur de rue
Ta gueule.

Les gothiques
Mais comment font-ils ?

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