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gucci, années 90 : ces looks qui méritent un comeback

Leçon de style à l'usage de tous tirée de l'ère Tom Ford.

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sept. 4 2018, 9:08am
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En 1990, Tom Ford quittait les États-Unis pour Milan et rejoignait les bureaux de Gucci, alors en proie au doute. Un temps très populaire, la marque de maroquinerie de luxe tombe lentement mais sûrement en disgrâce dans les années 1980 et cherche à revoir complètement son identité. Il faut dire que de nombreux faux pas ont émaillé la décennie, notamment des divisions au sein de la famille Gucci et des sorties douteuses - briquets ou porte-clés cheap au possible - qui finissent de ternir l’image exclusive de la marque (même si on imagine à quel point un briquet Gucci se vendrait vite aujourd'hui).

Avant ce nouveau poste, Tom Ford travaille sous la supervision de Marc Jacobs à Perry Ellis. Arrivé chez Gucci, il endosse le rôle de designer en chef pour le prêt-à-porter féminin, la nouvelle priorité de la marque. La presse mode italienne est majoritairement déconcertée et mécontente de cette nomination propulsant un Américain à la tête d'une marque à l’héritage italien. Mais, comme pour leur donner tort, le rôle de Ford s’étend en quelques mois du store design au parfum et, en 1994, il devient directeur créatif de Gucci.

Pour sa première collection à la tête de la marque, le printemps/été 1995, Tom Ford présente alors une nouvelle vision de Gucci. Une vision en partie responsable du séisme connu par la mode dans les années 1990. Les chemises déboutonnées en satin croisent des pantalons en velours taille basse et des couleurs éclatantes en créant un sex-appeal inédit, à la fois frais et troublant. Dans le même temps, le nouveau PDG du Groupe Gucci (Kering, aujourd’hui) commence à retirer les licences, franchises et lignes de diffusion de la marque qui avaient dilué son image. La suite : une augmentation de 90% des profits entre 1994 et 1995 et un titre difficilement contestable, celui de la marque la plus prisée des années 1990.

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En 2018, l’hégémonie de Gucci est toujours d’actualité. Frida Giannini – qui a succédé à Tom Ford – en est revenue aux formes et imprimés iconiques des débuts de la marque : la réputation de Gucci est à nouveau suffisamment forte pour commencer à référencer son propre héritage. En s’éloignant côté sombre et dur de Tom Ford, Giannini a ouvert la voie à l’univers fantaisiste que nous connaissons et aimons aujourd’hui : l’ère Alessandro Michele.

Même si Michele fait régulièrement des références aux grandes heures de Tom Ford, le sex-appeal brut qui marque les années 1990 de Gucci reste principalement cantonné aux archives, désormais remplacé par un kitsch baroque. Récemment, Kim Kardashian s’exposait sur Instagram avec un string Gucci vintage, issu de cette même décennie – un string tellement iconique qu’il fait partie de la collection permanente du Metropolitan Museum of Art. Nous avons donc décidé de nous replonger dans l’âge d’or de Ford chez Gucci pour tenter d’anticiper au mieux d’autres potentiels come-back.

Le ras-du-cou/lacet
Comme celui porté par Kate Moss : un lacet en cuir, beaucoup trop long et pas du tout pratique attaché autour du coup, dont la taille est tellement mal adaptée qu’il doit sûrement traîner par terre et complique la démarche de la personne qui ose le porter.

Les découpes random
Des trous à travers lesquels on entrevoit une pièce de bijouterie en or, qui fait bien évidemment partie d’un string.

La coupe mulet
La coupe, largement moquée, ne fait que de très rares apparitions dans le monde très fermé de la mode. Même si les buzzcuts ou les coupes au bol ont eu leur heure de gloire, seul un designer aussi courageux que Tom Ford pouvait oser le mulet. En 2018, à l’heure de la subversion à tous les étages, qu'y a-t'il de plus adapté qu’un bon vieux mulet ? En toute logique, le nihilisme a besoin de coupes de cheveux nihilistes.

Le G-string pour homme
Deux décennies plus tard, nous attendons toujours que les G-strings deviennent la norme chez les hommes. Associé à des bottes et à une montre, le string est la tenue idéale pour conquérir le monde.

Les menottes
Vu la situation politique actuelle, une paire de menottes de designer n’est peut-être pas le premier objet dont on souhaite le come-back. Mais ces menottes ont une histoire si scandaleuse et fantastique, ancrée dans le drama de la mode italienne des années 1990, qu’elles resteront à jamais dans l’histoire de la mode. Créées en 1998 par Ford, ces menottes ont été conçues l'année où Patrizia Reggiani, la femme du petit-fils de Guccio Gucci, s'est retrouvée en prison pour le meurtre de son mari.

La chemise ouverte
Une tendance un peu plus accessible, mais qui nécessite tout de même une bonne dose de confiance en soi. Tom Ford a détourné des chemises en satin élégantes pour les ouvrir très bas, beaucoup plus bas que ce que vous autorise votre dress code au bureau. Voir aussi : la veste en denim portée sans rien en dessous.

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Les lunettes de maîtresse d’école
Les lunettes sans monture cachent bien des choses. Portées avec un col roulé et un string dissimulé, elles sont l’accessoire indispensable de la maîtresse d’école qui dérape le week-end.

Le look de Madonna aux Video Music Awards
Le total look de Madonna aux VMA est entièrement extrait du défilé printemps/été 1995 de Tom Ford. S'il peut sembler un peu sage par rapport aux standards actuels, le pantalon taille basse et le soutien-gorge visible sont alors applaudis et permettent à Gucci de se propulser dans de nouvelles sphères stratosphériques.

Le décolleté fessier
Pas du tout pratique, nous voilà ici en territoire inconnu. Une mutinerie de la mode du plus bel effet.

Et ce détail, dont on ne pouvait pas faire abstraction
Pour le réaliser, un seul conseil : s'agissez pas seul(e).

Cet article a été initialement publié dans i-D UK.

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