The VICEChannels

      cinéma Karim Kattan 24 mai 2016

      pourquoi il faut aller faire un tour au festival ciné-palestine

      La deuxième édition du festival qui se tient à Paris et en Seine-Saint-Denis du 23 mai au 6 juin fait la part belle aux femmes et à la jeune création.

      pourquoi il faut aller faire un tour au festival ciné-palestine pourquoi il faut aller faire un tour au festival ciné-palestine pourquoi il faut aller faire un tour au festival ciné-palestine

      Lors du remarquable entretien qu'elle a accordé au Monde le 15 mai 2016, l'actrice palestinienne Hiam Abbass disait « Le père, dans une famille arabe, c'est immense ! » Si cela est sans doute vrai, elle est elle-même la preuve que les femmes, dans le cinéma palestinien, sont incontournables. Sorti en France le 27 avril 2016, Dégradé est une mise en scène d'un huis-clos féminin dans un salon de coiffure à Gaza. Les actrices, dont fait partie Hiam Abbass, nous rappellent une fois de plus que ce sont d'abord les femmes qui font la Palestine et son cinéma.

      Le festival Ciné-Palestine, qui met la production cinématographique palestinienne sur le devant de la scène parisienne en ce mois de mai, fait la part belle aux femmes. Du 23 mai au 5 juin, c'est l'occasion de découvrir ce cinéma souvent méconnu. C'est donc sur les femmes que s'ouvrait le festival: à l'Institut du Monde Arabe, le film de Mai Masri, 3000 Nuits était à l'honneur, suivi d'une discussion modérée par Leila Chahid, l'ancienne ambassadrice de Palestine en France et auprès de l'Union Européenne. Le festival bénéficie du soutien de de nombreuses figures du cinéma, dont Annemarie Jacir, une habituée de Cannes, et Ken Loach, auquel on vient de décerner la Palme d'Or.

      Pour sa deuxième édition, Ciné-Palestine propose donc un panorama du cinéma palestinien, qu'il soit de Jaffa, de Bethléem ou de New York, le tout dans plusieurs lieux de la région parisienne. Cette année, un focus « Archives et Mémoire. » propose projections, débats et tables ronde autour de la question des archives du cinéma palestinien. Ce sera notamment l'occasion d'interroger les liens entre cinéma et mémoire. Dans le même souci historique, le festival propose une rétrospective des films de Michel Khleifi, l'initiateur d'un courant de cinéma palestinien plus porté sur l'esthétique. Enfin, la clôture du festival sera l'occasion de redécouvrir Elia Suleiman, l'une des figures de proue du cinéma palestinien, dont les films mettent en scène avec mélancolie et burlesque l'absurdité de la vie sous occupation.

      La production cinématographique palestinienne, si elle connaît aujourd'hui un renouveau, est relativement méconnue en France. Hors exception, ces films restent souvent invisibles. On les imagine volontiers tous relever du documentaire ou du film réaliste. Mais que ce soit celui des Speed Sisters (dont on avait déjà parlé sur i-D il y a quelques mois), ces jeunes femmes qui malgré les check-points, participent à des courses de voiture dignes de Bad Girlz ou ceux de Larissa Sansour, dont l'excellent film expérimental de science-fiction, Nation Estate, dépeint la Palestine comme un pays contenu dans un gratte-ciel, le rêve est présent sous toutes ses formes.

      Le cinéma palestinien est bel et bien engagé, mais avec poésie, humour et inventivité. En Palestine, des réalisateurs et réalisatrices réinventent quotidiennement le cinéma, en dépit des contraintes imposées par le conflit. Les nombreux cinémas détruits ou abandonnés en Palestine font l'objet d'un intérêt nouveau, et de nombreuses initiatives cherchent à les réhabiliter. Du projet de Festival International du Film à Jéricho, dans l'ancien Rivoli Cinema de Jéricho aux airs aux Film Days organisés à travers le pays, la Palestine ne manque pas d'initiatives cinématographiques.

      Le festival Ciné-Palestine, du 23 mai au 5 juin 2016, à Paris et dans le département de la Seine-Saint-Denis.

      Crédits

      Texte : Karim Kattan

      Rejoignez i-D ! Suivez-nous sur Facebook, sur Twitter et sur Instagram.

      Tags:cinéma, culture, festival ciné-palestine

      comments powered by Disqus

      Aujourd'hui sur i-D

      Plus d'i-D

      featured on i-D

      encore