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      musique Yérim Sar 18 mai 2017

      ​10 rappeurs belges à suivre absolument

      Lors d'une interview récente, le rappeur Damso déplorait le fait que dans la presse française, la scène rap de Bruxelles (voire la scène belge dans sa globalité) soit considérée comme une mode, un ensemble d'artistes uniformes et que les particularités de chacun s'en retrouvent complètement occultées. « Le 'rap de Bruxelles' n'existe pas, il y a des bons rappeurs à Bruxelles. » La nuance paraît négligeable mais elle ne l'est pas. Dès lors qu'on s'y penche de près, on découvre en Belgique un vaste choix d'artistes, et franchement il y en a pour tous les goûts. Sélection non-exhaustive, bien sûr.

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      Roméo Elvis
      Le jeune rappeur belge a commencé son ascension par des freestyles, un style de rap plutôt lambda pour son époque, des ambiances assez personnelles mais pas forcément assez abouties pour retenir l'attention. Toutes ses particularités ont explosé au contact du compositeur Le Motel, qui lui, venait plutôt de l'électro. La combinaison des deux entités a engendré le nouveau style de Roméo Elvis, qui s'assume désormais clairement autant rappeur que chanteur.

      Damso
      Là où tout le monde attendait une sorte de Booba Junior, Damso a préféré tracer son chemin (« pour moi dans la musique il n'y a pas de limite », affirmait-il dans notre interview). Loin des formules de hits du moment fournis presque clés en main, le rappeur se veut artiste avant tout et expérimente un maximum, avec un perfectionnisme qui confine au délire de maniaque. Quitte à accoucher d'un ovni total comme le titre Une âme pour deux que l'on peut décrire comme un storytelling particulièrement tordu. Autrement dit, le membre du 92i développe un style assez personnel qui mélange sans complexe egotrip, histoires de cul et introspection mélancolique. La recette a pu dérouter mais notre ami s'est envolé dès son second album dont le score a de quoi rassurer les plus sceptiques.


      Hamza
      Le plus Américain des Belges a fait forte impression avec le projet H-24, véritable catalogue de bangers. Avec New Casanova, il a sans doute un peu dérouté le public qui ne s'attendait pas forcément à le voir embrasser un style à la Ramriddlz. Cependant cela n'a pas ralenti la productivité de Hamza, loin de là. Bien sûr, ses ventes peuvent sembler décevantes ; Hamza ambiance beaucoup de monde, mais peu se plongent en profondeur dans son univers. Ce n'est pas un problème ; il n'y a qu'à voir à quel point il enflamme tous les clubs dès qu'il débarque au son d'un de ses tubes pour s'en convaincre. Dans sa dernière interview, Joey Starr le décrit comme un petit jeune qui l'impressionne. Et pour que la moitié de NTM soit séduite par un rappeur autotuné, faut y aller. Certes il ne raconte rien, mais il le fait mieux que personne, ce qui lui a permis d'être repéré par Pitchfork.


      Caballero & JeanJass
      Décomplexé est sans doute le mot qui qualifie le mieux ce duo de rappeurs. Des jeux de mots à gogo, des textes d'une technique rare :  Caballero & JeanJass ont bien révisé leurs classiques avant de se les réapproprier de manière ludique. Leur dernier album Double Hélice 2 est une version améliorée et surtout totalement aboutie et épanouie du premier volume. Amateurs d'ambiance festive et enfumée ou d'egotrip goguenard, vous avez tapé à la bonne porte.


      Isha
      Isha peut sans doute paraître plus discret que ses compères mais il est loin d'avoir débarqué hier. Celui qui a débuté sous le nom de Psmaker avant d'opter pour son nom de naissance a en réalité marqué une pause pour mieux se recentrer et trouver son style à lui. Grand bien lui en a pris, puisque son dernier projet, un mini-album de 10 titres, lui a permis de franchir un palier. Sa formule, il la tient et la maîtrise comme personne, entre texte froid voire parfois durs (« elle lui a dit qu'elle était vierge, elle lui a refilé le sida », ce genre-là) et flow on ne peut plus nonchalant. Contraste qui fait mouche.


      Shay
      Il fallait bien un quota féminin pour varier les plaisirs et éviter à cette liste d'être un peu trop poilue. On ne présente plus Shay, également recrue du label de Booba, qui l'a boostée avec une collaboration sur Autopsie 4. Pour la petite fille de Tabu Ley Rochereau, cela n'a pas été forcément facile : le public francophone (français ?) a déjà un rapport difficile avec les rappeuses en général, et dans son cas l'étiquette « la petite à Booba » a été balancée à toutes les sauces. C'est entre autres la raison pour laquelle elle a mis bien plus de temps à sortir son album que prévu, mais c'était aussi parce qu'elle a complètement changé de direction artistique : le résultat a été assez surprenant, finalement éloigné de la trap et du kickage que constituaient tous ses extraits précédents. Avec Jolie Garce, Shay lorgne clairement sur un côté pop et assume son image sexy. En attendant la suite.


      La Smala
      La Smala n'est pas un rappeur mais un groupe, et à bien y regarder on se rapproche plus du collectif que du simple groupe. Tous les membres ont des projets parallèles et tout le monde ne peut évidemment pas poser systématiquement ensemble. En termes de style, on est sur des ambiances old school, couplets débités au kilomètre sur des gros samples. L'ambiance s'est cependant modernisée au fil du temps, mais les backpackers y trouveront toujours leur compte.

      Scylla
      Scylla était là bien avant que la nouvelle génération se mette à évoquer à tort et à travers « la scène belge », comme si elle n'avait jamais existé. C'est un kickeur tout ce qu'il y a de plus classique qui officie maintenant depuis plus d'une douzaine d'années, et c'est ainsi qu'il s'est fait respecter de ses pairs des deux côtés de la frontière. Voix caverneuse, freestyles en pagaille, cinq projets solos et une fanbase qu'il a su fidéliser à coups de concerts et de featurings toujours bien choisis. Si au début il pouvait peut-être sembler « trop » classique pour certains, il a su s'élargir et faire évoluer son univers, en se libérant peu à peu de certains carcans techniques pour mieux développer sa personnalité et se livrer un peu plus. 

      Jones Cruipy
      Jones Cruipy, c'est le côté "rap de rue" assumé haut et fort. Le jeune artiste a, comme bien d'autres de sa génération, vite assimilé les codes actuels de la trap et enchaîné les ambiances street, ce qui lui a permis de se faire une petite place à part dans toute cette effervescence. On l'a retrouvé en première partie de Booba à Bercy, sur la mixtape OKLM et dernièrement c'est l'inénarrable rappeur du 91 Alkpote qui l'a contacté pour un featuring. Le tout dans une ambiance toujours plus sombre.


      L'Or du commun
      Si le groupe 1995 vous manque, ne soyez pas triste, L'Or du commun est là pour vous. La comparaison est un peu facile, mais le style des membres de l'équipe est vraiment susceptible de plaire aux irrécupérables puristes nostalgiques du kickage à l'ancienne et des multisyllabiques à gogo. À noter que le groupe ne se complaît pas non plus totalement dans des ambiances « à l'ancienne », d'ailleurs eux aussi ont croisé régulièrement le micro avec d'autres rappeurs de la liste qui pourraient sur le papier sembler aux antipodes. C'est d'ailleurs un autre bon point : de nombreux artistes évoqués ci-dessous ont collaboré plusieurs fois ensemble, ont évolué presque côte à côte, etc. Le projet de mixtape de Damso, consacrée aux rappeurs de Bruxelles, va dans le même sens et on espère grandement que ça continuera, histoire que tout le monde y trouve son compte.

      Crédits

      Texte : Yérim Sar 

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      Tags:musique, rap, bruxelles, belgique, shay, damso, romeo elvis, jones cruipy, l'or du commun, scylla, la smala, isha

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